Soutenez le PS

Adhérez au PS

Thomas Bodström, l´éveilleur de consciences

Le livre de Thomas Bodström, ancien ministre de la justice sous le gouvernement de Göran Persson et responsable politique social-démocrate suédois, dresse un panorama du fonctionnement de la vie politique suédoise.

Thomas Bodström effectue une comparaison humoristique entre sa passion pour le football et le club d´AIK et celle pour la politique et le parti social-démocrate suédois. Il constate alors des points communs entre un club qui a été habitué à dominer la première ligue suédoise et le parti social-démocrate qui lui aussi eu une longue tradition dominante à la tête du pays.

Ce livre tire les conséquences du deuxième échec de la gauche suédoise aux élections législatives de septembre 2010. Thomas Bodström nous fait alors part de son expérience de ministre où certains projets de loi pouvaient être totalement improvisés et où certaines décisions pouvaient se prendre lors de rencontres informelles. Il fait part de ses difficultés relationnelles avec le groupe parlementaire social-démocrate où les rivalités ont créé une ambiance totalement délétère.

Le fonctionnement de la coalition rouge-verte est également passé au crible : si les Verts ont un mode interne démocratique, les décisions importantes sont entre les mains des deux porte-parole représentant le parti ; le parti de gauche paie le fait que son leader Lars Ohly n´ait renoncé qu´en 2005 à être appelé communiste. Thomas Bodström estime que les sociaux-démocrates ne peuvent plus faire somme s´ils étaient seuls au pouvoir et que les négociations avec les Verts devaient être entamées. Mona Sahlin a eu une marge de manœuvre très étroite entre les résistances internes à cette idée de rassemblement et ceux qui souhaitaient que la collaboration incluse à tout prix le parti de gauche qui a pourtant une culture ancrée de parti d´opposition.

L´alliance rouge-verte a volé en éclats le lendemain des élections législatives de septembre 2010 et le parti social-démocrate suédois doit rénover ses pratiques. L´élection d´Håkan Juholt à la tête du parti social-démocrate suédois est vue comme un retour en force de l´arrière-garde du parti qui souhaite se rassurer avec un fonctionnement proche de celui des années 1980. Les valeurs social-démocrates sont à réveiller et à affirmer selon Thomas Bodström : Égalité hommes-femmes (jämställdhet) dans le domaine des salaires, lutte contre les inégalités sociales  (rättvisan), rénovation de la protection sociale, emploi des jeunes.

Le gouvernement conservateur est ainsi taclé dans sa prétention à être moderne. Thomas Bodström montre que les Conservateurs (Moderater) ont toujours été contre les principales avancées sociales du pays (non au suffrage universel, non à une protection universelle contre les accidents du travail en 1916, non à la journée de huit heures en 1919, non au droit de vote des femmes en 1919, non à l´abolition de la peine de mort en 1921, non aux trois semaines de congés payés en 1951, non à la semaine des 40 heures en 1970, non à l´avortement en 1974, non aux congés de cinq semaines en 1976, non à la décision des droits homosexuels en Europe en 1998, non aux emplois verts en 2006….). La ligne idéologique du parti conservateur est de baisser les impôts et de limiter la durée et le montant des allocations-chômage.

Thomas Bodström montre également comment l´alliance de droite a réussi à affaiblir les syndicats et ainsi à casser le lien entre les syndicats et le parti social-démocrate suédois. De son point de vue, les Conservateurs suédois ressemblent aux autres partis de droite européens. Il montre que la présidence suédoise de l´Union européenne n´a pas été un succès d´autant plus que le sommet de Copenhague a révélé l´inefficacité des négociations sur des mesures ambitieuses pour répondre aux défis du réchauffement climatique.

Un livre intéressant ne s´arrêtant pas aux petites histoires, mais évoquant les hommes, les idées et les rapports de force politiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.