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Le parti social-démocrate suédois au bord de la rénovation politique

Dix mois, c´est la période où Håkan Juholt aura été le président du parti social-démocrate avant qu´il ne démissionne de son poste le 23 janvier dernier. Au-delà des erreurs commises par Håkan Juholt (non respect du règlement du Parlement concernant les indemnités de résidence, erreurs d´appréciation) et de l´effritement de la base électorale social-démocrate, on retiendra la difficulté à formuler une politique crédible en phase avec les défis sociaux et les aspirations des électeurs suédois. Håkan Juholt revient d´ailleurs sur cette difficulté à se positionner lors de son dernier discours où il préfère ne pas gêner l´effort de rénovation du parti.

Jamais un leader social-démocrate n´aura connu une mandature aussi courte. Lorsque l´on compare celles de Mona Sahlin (2008-2011) et de Håkan Juholt (mars 2011-janvier 2012) avec celles de Tage Erlander (23 ans) et d´Olof Palme (17 ans), on se dit que les temps ont véritablement changé. La base électorale du parti n´a jamais été aussi faible (on se rapproche des 20% dans les sondages), les électeurs métropolitains (Malmö, Göteborg et Stockholm) se tournent davantage vers les Conservateurs et les Verts. Le parti social-démocrate conserve un ancrage très fort dans le nord du pays, mais n´apparaît plus en phase avec les classes moyennes.

Le parti a certes une crise de leadership puisque son président est fortement médiatisé que ce soit pour les déclarations, la proposition de budget alternatif ou les commentaires de l´actualité politique. Si le système suédois est essentiellement parlementaire, l´autorité des chefs de parti est de plus en plus prédominante. Le premier ministre Fredrik Reinfeldt dispose d´une aura grandissante et s´affirme comme l´homme politique qui aura dynamisé le parti conservateur en en faisant la première force politique du pays. Les autres partis de la coalition gouvernementale (parti du centre, parti libéral et parti chrétien-démocrate) se battent pour exister voire survivre. La bipolarisation n´est cependant pas achevée dans la mesure où l´extrême-droite continue à séduire des populations en proie au sentiment de déclassement social. La Suède regarde avec intérêt ce qui se passe dans le reste de l´Europe, mais ne subit pas directement les effets de la crise grâce notamment à une remarquable gestion des dépenses publiques. Dans ce contexte, le parti social-démocrate peine à contrer la politique gouvernementale et apparaît plus comme le parti des chômeurs (bidragpartiet) que celui des travailleurs. Il ne peut plus tabler sur une augmentation des impôts qui ne passe plus auprès des électeurs dans un pays ayant l´une des fiscalités les plus fortes au monde. Une commission de rénovation du parti social-démocrate (framtidskommission) travaille depuis quelques mois à la formulation d´enjeux importants de manière à ce que le parti puisse élaborer une ligne crédible.

Depuis quelques jours, la secrétaire générale du parti Carin Jämtin assure une présidence intérimaire pendant que le bureau national réfléchit à la stratégie à suivre en tenant compte de l´agenda politique puisque les élections européennes, législatives et communales  auront lieu en 2014. La presse se fait l´écho d´une valse des noms des possibles successeurs, mais les statuts du parti prévoient une procédure de nomination complexe. En effet, chaque section propose à la section communale des noms qui sont ensuite transmis aux commissions régionales (il y a 26 districts). Puis les commissions régionales transmettent au bureau national les listes des candidats qui auront été choisis par la base. S´il y a un congrès extraordinaire, non seulement les sections proposent des noms, mais elles choisissent les représentants des districts qui siègeront au Congrès. Le prochain congrès du parti social-démocrate était prévu en 2013 et pour l´instant la formule n´est pas adoptée.

Si la crise de parti social-démocrate ne se résume pas à celle de son leader, il sera néanmoins important d´investir un(e) président(e) ayant une légitimité pour pouvoir peser dans les débats et structurer une opposition politique balbutiante. À l´heure où les anciens alliés des sociaux-démocrates ont rajeuni leurs porte-parole à l´image des Verts (l´un des porte-paroles, Gustav Fridolin, a 28 ans) et du parti de gauche (Jonas Sjöstedt), il est temps qu´une nouvelle génération accède à la tête du parti afin de formuler une alternative claire à la majorité actuelle.

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