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Quelques aspects de l’élection présidentielle finlandaise

Les résultats du 2d tour de la présidentielle finlandaise du 5 février 2012 :

1. Sauli Niinistö, Conservateur   62,6 % des suffrages exprimés

2. Pekka Haavisto, Ecologiste   37,4 %

Taux de participation : près de 72,8 %, relativement faible par rapport à 2006 (77,2 %), et très faible dans les régions excentrées qui avaient voté en faveur de M. Väyrynen ou Soini au premier tour (à hauteur de 60%)

M.Haavistö a abtenu la majorité des suffrages à Helsinki et dans l’île suédophone d’Åland mais pas dans le reste du pays. Le vote en faveur de M. Haavisto a été fort dans les grandes villes et parmi les minorités du pays.

 

Le nouveau président 

Selon le PM Jyrki Katainen, affilié au parti politique du nouveau président Finlandais, M. Niinistö, « la Finlande a retrouvé le chemin du bon sens, où l’on ne craint rien et où l’on est courageux, international et tolérant ».

 

Agé de 63 ans, l’actuel  président de l’Assemblée nationale, M. Sauli Niinistö, le nouveau président Finlandais, est selon la presse un homme qui présente bien et, bien que conservateur, se garde de tout discours moralisateur.

Ce père de deux enfants a perdu sa première épouse dans un accident de voiture et a survécu au tsunami en 2005, alors qu’il était en vacances dans l’Océan Indien. Il a vécu une aventure très médiatisée avec une ancienne miss Finlande, avant d’épouser l’attachée de presse de son parti, de 29 ans sa cadette.

Plus généralement, dans son rôle de VRP des exportations finlandaises, M. Niinistö a déclaré qu’il agira davantage pour les intérêts économiques finlandais que les droits de l’homme, ce qui est inquiétant certes, mais entre dans la droite ligne de la politique extérieure finlandaise de l’après guerre. Selon la presse, la politique extérieure de M. Niinistö, devrait être semblable à celle du président conservateur précédent M .J.K. Passiviki (1946-1956), il adoptera un rôle actif dans la politique étrangère.

Principal enjeu des élections: l’Europe. Avec son obtention d’un mandat très fort, la poursuite de la recherche d’une solution européenne à la crise parait assurée et l’on peut imaginer que la Finlande jouera un peu moins le rôle de trublion qu’elle a eu en Europe durant les huit derniers mois, sous la pression des populistes surtout, dont le message de sauvegarde des intérêts finlandais a en partie été repris par les sociaux-démocrates et le Centre.

M. Niinistö, ancien ministre des Finances en 1990, au gouvernement au moment où la Finlande négociait son adhésion, estime que la place de la Finlande est indissociable de l’UE et de l’adhésion à la monnaie commune, ce qui est une bonne nouvelle au vu du jeu à part qu’à joué la Finlande ces derniers mois. Vice-président de la BEI, il a aussi travaillé à l’édification de l’UE entre 2005 et 2008.

 

L’hégémonie de l’axe PSD-Centre est finie. Pour la première fois de l’histoire finlandaise, les postes de Président et de Premier Ministre seront occupés par des conservateurs.

M. Niinistö, a selon les analystes beaucoup bénéficié de la grande crédibilité qu’il inspire à l’électorat en cette période de crise financière, principale préoccupation des Finlandais selon les sondages. Le PSD a perdu deux élections de suite, les élections législatives et présidentielles, et ne doit sa présence au gouvernement qu’à des compromis avec le parti conservateur.

 

Les résultats du 1er tour du 22 janvier 2012:

1. Sauli Niinistö, Conservateur   37,0 % des suffrages exprimés

2. Pekka Haavisto, Vert   18,8 %

3. Paavo Väyrynen, Centriste  17,5 %

4. Timo Soini, Vrai Finlandais (populiste)   9,4 %

5. Paavo Lipponen, Social-démocrate  6,7 %

6. Paavo Arhinmäki, Parti de Gauche 5,5 %

7. Eva Biaudet, Parti suédois   2,7 %

8. Sari Essayah, Chrétien-démocrate  2,5 %

 

Enseignements du premier tour

Le PSD laminé: l’électorat social-démocrate n’a pas voté en faveur du candidat du parti. M. Lipponen n’a recueilli que 6,7 % des voix ce qui ne représente pas la force du PSD en Finlande. Aux élections législatives d’avril 2011, le PSD atteignait près de 20 % des suffrages exprimés. Le candidat social-démocrate, trop âgé, manquant de charisme selon la presse, a décidé de se retirer de la vie politique. Cette défaite met fin à 30 ans de présidence social-démocrate. L’actuelle présidente, Tarja Halonen avait été réélue une fois et a présidé la Finlande durant 12 ans.

Le parti du Rassemblement (conservateur) pourrait obtenir la présidence après 56 ans d’absence. M. Sauli Niinistö a été le candidat qui a outrageusement joui de la faveur du public presque durant toute la campagne. La question était de savoir s’il allait être élu au premier tour.

Les Verts ont le vent en poupe: M. Haavistö était considéré comme un outsider au second tour. Ouvertement homosexuel, M. Haavistö a fait ses meilleurs scores dans les grandes villes et parmi la population suédophone de Finlande. Selon la presse, il représente une Finlande internationale, ouverte et tolérante. Grande surprise du premier tour, sa qualification pour le second tour indiquerait pour de nombreux experts que le public finlandais est las du discours eurosceptique et nationaliste. Son homosexualité semble poser problème au vu du second tour.

L’euroscepticisme tenu en échec.  M. Soini, dont le parti des Vrais Finlandais avait recueilli aux élections législatives d’avril 2011 près de 19 pourcent des voix a subi un désaveu. C’est surtout le cas de M. Soini dont le leadership a même été critiqué dans son parti durant et après la campagne. Celui-ci a également dû subir des tentatives de récupération de voix par les Centristes. M. Väyrynen qui prônait dans sa campagne la sortie de la Finlande de la monnaie commune a réussi le tour de force de récupérer les voix des eurosceptiques, évitant ainsi le délabrement de son parti qui était redouté. Cela n’a pourtant pas été suffisant pour une qualification.

 

 

Ce qui a compté lors du premier tour des présidentielles a été la personnalité des candidats, davantage que l’appartenance partisane. Les pouvoirs du président ont été réduits durant les dernières années par une série de réformes constitutionnelles. Figure morale de la politique, son avis demeure consultatif sur les grandes questions nationales.

Le président ne représente plus la Finlande lors des rencontres internationales et n’a plus de droit de veto en matière de relations extérieures. Il garde seulement pour lui le droit de nommer le gouverneur de la banque centrale, les ambassadeurs et les juges et le droit de grâce. Il est aussi le chef des armées.

Le vote de la minorité suédophone le montre bien. Habituellement crédité d’environ 6 % des suffrages, le parti populaire suédois n’a obtenu que 2,7 %, les autres votes se répercutant sur M. Niinistö et Haavistö.

 

Pour suivre la campagne des législatives 2012 (3e circonscription):

http://www.axellelemaire.eu

 

 

 

 

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