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Gotland et « l’autoroute maritime ».

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C’est dans la première partie de l’année 2014 que l’Etat suédois décidera soit de signer un nouveau contrat avec un opérateur maritime en charge du trafic entre l’île de Gotland et deux destinations en Suède, Oskarshamn dans le sud de la Suède et Nynäshamn, près de Stockholm, soit de nationaliser le trafic.

Sur l’île de Gotland et pour ses 57 000 résidents à l’année, les discussions autour du sujet sont largement relayées par la presse locale. Leur résultat aura en effet un impact considérable sur toute la vie économique de l’île pour la décennie à venir. Il est question de remettre en cause le système de compensation de coûts de fret et du transport de passagers vers Gotland qui depuis les années 1970 permettrait un alignement des prix des denrées sur l’île par rapport au reste du pays.

En vérité, l’avis général est que ce que le système ne fonctionne pas. Il  a certes permis aux entreprises engagées dans le transport insulaire d’appliquer un ajout de prix partout ailleurs en Suède où elles sont actives, pour compenser des prix de transport 32  pour cent plus élevés. Mais le système n’a jamais permis la régulation des prix, manquerait de lisibilité et entraverait finalement la libre concurrence.

Si la remise en cause est donc par tous acceptée, il reste que les solutions palliatives sont loin de connaître le même consensus. La première solution prévoit que les prix restent les mêmes mais que la durée de traversée des passagers soit rallongée pour atteindre 4h15 voire 5h au lieu de trois, permettant  des économies de carburant de l’ordre de 40%.

La seconde solution  aurait comme la première un impact sur l’attractivité de l’île, à tous niveaux. L’augmentation des prix de la traversée aurait des conséquences par exemple sur l’agriculture, dépendante à 80 pour cent de ses exportations, sur le tissu entrepreneurial  qui souffrirait une perte de compétitivité déjà faible, et risquerait d’avoir des répercussions jusqu’au  tourisme, ressource vitale pour l’île.

Bref, les critiques se multiplient et on en appelle à l’Etat, aux ministres et aux députés pour une éventuelle nationalisation des transports pour garantir l’égalité de tous devant les transports et créer selon l’expression local une véritable « autoroute maritime ».

D’aucuns critiquent des négociations qui n’avancent pas alors que les risques d’une hausse de prix n’ont  jamais été plus réels puisqu’une directive européenne imposant aux compagnies maritime active en mer Baltique à partir de 2015, dans le cadre de la politique européenne de prévention de la pollution maritime, d’imposer un diesel plus couteux.

Placé dans un contexte plus large, cette actualité reflète les difficultés persistantes des régions suédoises mais également européennes, éloignées des centres économiques nationaux, de peser en terme de compétitivité régionale, de créer des entreprises et emplois, et de se développer.   Il ne risque de rester à Gotland à terme que les administrations étatiques délocalisées dans le cadre de la politique de décentralisation.

Peu sont ceux qui partagent l’optimisme du gouvernement conservateur qui voudrait  agir pour favoriser davantage l’apparition d’une concurrence des transports sans implication de l’Etat, comme étant la solution miracle au problème. Sans nul doute les transports doivent être subventionnés. Les discussions en cas d’échec pourraient laisser la place à une action en justice de l’île auprès des instances européennes, à l’instar de la Sardaigne qui, confrontée aux mêmes problèmes, a récemment obtenu gain de cause contre l’Etat italien.

 

Yann Long, section de Stockholm.

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