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Lutter efficacement contre le racisme

La section de Suède a le plaisir de vous faire partager une chronique de Christophe Premat sur la disparition du mot de race dans un texte constitutionnel (promesse de F. Hollande) et une pétition de soutien à notre ministre de la justice, Christiane Taubira.

La première chronique est tirée de la revue Sens Public, le lien originel est:

Un avenir sans race

À l´article « race » de l´Encyclopédie de Diderot et d´Alembert, nous pouvons lire la définition suivante : « extraction, lignée, lignage ; ce qui se dit tant des ascendans que des descendans d´une même famille : quand elle est noble, ce mot est synonyme à naissance »[1].  Cette définition ramène la race à une histoire de génération, de descendance, de racine. La race nous plongerait au coeur d´un héritage familial. Le Littré en rajoute une couche si je puis dire sur ce fardeau avec l´idée de caractères semblables d´individus appartenant à la même espèce[2]. Il est toujours difficile de s´attaquer aux mots lorsque leur usage est sanctuarisé par les dictionnaires, surtout lorsqu´ils ont un poids historique à l´instar du mot race. On n´efface pas un mot d´un dictionnaire au prétexte qu´il a des connotations négatives ou qu´il ne correspond à aucune réalité. En revanche, le choix des mots dans un texte de référence aussi fondamental qu´une Constitution est déterminant. En mai dernier, l´Assemblée Nationale décidait de supprimer le mot race de la Constitution faisant suite à une promesse du candidat Hollande lors des dernières élections présidentielles. D´aucuns ont immédiatement dénoncé l´illusion de faire disparaître le racisme en supprimant l´usage d´un mot. Là n´est pas la question. Revenons au premier article de notre Constitution qui stipule que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l´égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d´origine, de race ou de religion »[3]. Ce premier article inaugurant la Constitution fait référence au préambule de la Constitution de 1946 qui affirme les propositions suivantes : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République »[4]. Dans le premier article, le mot race se trouve au contact des mots «origine » et « distinction ». Il s´agit de préciser l´universalité des droits de l´homme en indiquant les discriminations à éviter. Le privatif est ainsi intéressant puisqu´en retirant une discrimination, il en ajoute une autre en présupposant le fait qu´il y ait la race et donc des races. L´enjeu de cette suppression est de refuser d´atténuer l´universalité des droits de l´homme par un sous-entendu équivoque. Le racisme a longtemps trouvé un terreau dans l´existence présupposée d´une réalité objective de races déterminées par des caractéristiques homogènes. De ce point de vue, il n´était pas anecdotique de s´attaquer à ce mot qui colporte des traditions séculaires de préjugés et de discriminations. À partir du moment où l´on se réfère au mot race, on met en avant une différenciation essentielle, la discussion n´a pas sa place dans un texte constitutionnel sacralisant les droits de l´homme.

 

Lisez la suite de la chronique sur la revue Sens Public en libre accès sur : http://www.sens-public.org/spip.php?article1049


[1] Diderot, “race”, Encyclopédie, 1ere édition, tome 13, http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Diderot_-_Encyclopedie_1ere_edition_tome_13.djvu/740

 

La pétition de soutien à notre ministre de la Justice, Christina Taubira, a été lancée par l´association ADFE-Français du monde

http://www.francais-du-monde.org/2013/11/15/solidarite-antiraciste-des-francais-de-letranger-avec-madame-la-ministre-taubira-signez-la-petition/

Madame la Garde des Sceaux,

Nous, Français établis hors de France, attachés à notre pays d’origine en dépit de l’éloignement géographique, si fiers d’appartenir à la patrie des Droits de l’Homme, sommes profondément choqués des injures racistes dont vous êtes publiquement victime depuis que vous avez porté la loi en faveur du mariage pour tous.

Femme de conviction, vous êtes devenue, comme Simone Veil au moment de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, la cible de cette extrême-droite, porteuse des idéologies mortifères inspirées du racisme du XIXème siècle, qui ne s’est élevée contre aucun des crimes racistes du XXème, quand elle n’y a pas prêté main forte. Sous couvert de défendre les « lois de la nature » et celles d’une religion, elle éructe les imprécations de sa vieille haine envers tous ceux qui portent, comme vous, l’esprit des Lumières.

Français établis hors de France, nous sommes viscéralement hostiles au racisme qui est contraire à toutes les valeurs d’humanisme et de respect que nous portons dans nos pays de résidence respectifs.

Français établis hors de France, nous voyons en vous le symbole de la diversité d’origine des Français, une fierté pour les Français métissés et un exemple d’accomplissement humain pour nous tous.

Français établis hors de France, nous nous sentons salis par chacune des insultes proférées à votre encontre et ne supportons ni d’incarner à l’étranger une France qui s’enfoncerait dans un racisme banalisé, ni de voir une ministre de la République servir d’exutoire à la haine, au motif qu’elle est femme, au motif de la couleur de sa peau.

Français établis hors de France, fiers de notre diversité, fiers de la richesse humaine et intellectuelle que nos enfants polyglottes et formés aux cultures du monde apportent à notre Nation, nous appelons toutes les Françaises et tous les Français du monde à se mobiliser. Il faut remettre l’ouvrage sur le métier, relancer la lutte pour le respect dû à chaque être humain, quels que soient son origine, son sexe, sa couleur de peau. Cela commence par l’affirmation de notre solidarité avec vous, madame la Ministre : nous rendrons ensemble à la Fraternité sa place sur le fronton de la République.

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